Thomas Schall - Lauten

Pierre de Ronsard

Les Amours, 1552

Sonnet CVIII

Plus mile fois que nul or terrien,
J'aime ce front où mon Tyran se joüe
Et le vermeil de cette belle joüe,
Qui fait honteux le pourpre Tyrien.

Toutes beautés à mes yeus ne sont rien,
Au pris du sein qui lentement secoüe
Son gorgerin, sous qui per à per noüe
Le branle égal d'un flot Cytherien.

Ne plus, ne moins, que Juppiter est aise,
Quand de son luth quelque Muse l'apaise,
Ainsi je suis de ses chansons épris,

Lors qu'à son luth ses doits elle embesongne,
Et qu'elle dit le branle de Bourgongne,
Qu'elle disoit, le jour que je fus pris.